• Arnaud D'Hoine

Tu veux ou tu veux pas? (ou comment se décider après le 1er rendez-vous)


Résumé des épisodes précédents: vous cherchez un coach, et vous avez pris contact avec plusieurs professionnels en vue d'un premier rendez-vous exploratoire. Votre check-list mentale est prête: formation, déontologie, certification... Sans oublier tous les autres points que vous avez définis comme indispensables à votre prise de décision.

Peut-être sortirez vous déçu ou dubitatif de votre premier échange avec lui. Pour paraphraser un ancien responsable politique, vous êtes venus avec vos questions, le coach avec ses réponses, et elles ne vous conviennent pas. Mais est-ce vraiment le cas? Peut-être s'agit-il d'éléments qui au contraire sont là pour vous indiquer le dégré de professionnalisme de ce coach... Plongeons nous dans ces constats que vous pourriez faire à l'issue de cet entretien découverte.

  • Ce coach n'a aucune expérience de mon métier / mon secteur d'activité.

Faut-il que votre futur coach ait exercé le même métier que vous, ou qu'il ait évolué dans une entreprise similaire ? Si cela suppose qu'il en tire une meilleure compréhension de vos enjeux et que cela vous rassure, soit, c'est parfaitement compréhensible.

Et bien que cela ne soit qu'une supposition, cela peut s'avérer exact.

Mais je vais tout de même apporter mon grain de sel. Dans l'absolu, un coach est formé à pouvoir intervenir dans tous les secteurs et sur toutes les fonctions, sans jugement et avec bienveillance. Ensuite, le coaching peut être amené à faire adopter par le client un point de vue différent. Cela n'est-il pas plus facile quand le coach a un regard totalement neuf sur votre quotidien ? Sans oublier le fait qu'en travaillant avec quelqu'un qui ne partage pas vos référentiels, vous réduisez le risque qu'il projette son expérience, son vécu, ses opinions. Bref, vous avez bien un coach et non un consultant.

Il est difficile de quantifier le rôle du contenu ou du domaine d'application dans le processus. François Delivré rapporte dans son ouvrage Le métier de coach les propos d'un confrère pour qui cela représenterait 20% du coaching. Suffisamment important pour recommander qu'un coach jouisse d'une connaissance globale du monde de l'entreprise, mais pas nécessairement une expertise qui appartient au conseil.

  • Ce coach n'a pas voulu me donner de références.

Pour commencer, vous êtes tombé sur un coach respectueux de sa charte déontologique, félicitations. N'oublions pas la confidentialité due par la profession : ce coach pourrait expliquer que oui, il est déjà eu l'occasion d'accompagner une population similaire sur une problématique très proche, mais sans citer de noms. Autant dire qu'il pourrait tout aussi bien tout vous inventer sur le pouce pour vous convaincre de signer avec lui, il n'y a que vous qui sachiez si vous avez envie de le croire ou non.

Mais la réalité est encore plus simple que cela. Chaque coaching est différent.

Comme au point précédent, il peut s'agir d'une envie d'être rassuré quant à la capacité d'intervention d'un coach en allant puiser dans ce qu'il a déjà fait. Mais attendre qu'il reproduise ce qui a été fructueux par le passé participe d'une double erreur : le coach n'est pas un apporteur de solutions clés en main, et surtout en dehors de l'énoncé d'une problématique deux accompagnements sont différents à 99.9%.

Cela ne veut pas dire pour autant qu'un coach devrait refuser de vous en parler. Simplement, il doit vous faire comprendre que le coaching parle de vous, maintenant, et pas des autres, avant. A contrario, un coach qui vous dirait "je gère, je connais ça par cœur, been there done that, ça va aller vite c'est du déjà vu, j'ai déjà fait la même chose là, là et là" ne mérite qu'une chose: que vous tourniez les talons.

  • Ce coach ne m'a pas donné l'impression qu'il voulait m'aider

Vraiment ? Que lui avez-vous demandé, réellement ? Qu'il fasse à votre place ? Qu'il trouve des solutions ? Qu'il vous guide ? C'est tout à son honneur et à son professionnalisme s'il a refusé. Encore faut-il comprendre pourquoi. Et c'est le moment de sortir le triangle dramatique de Karpman.

Kesako ? Un jeu à trois positions (Sauveur / Victime / Persécuteur) où chaque position a besoin des deux autres pour exister, qui a tendance à s'auto renforcer par le passage d'une position à l'autre, et qui est presque un incontournable des relations d'aide ou d'accompagnement. Toute la difficulté pour le coach est de refuser d'être le sauveur de son coaché, qui peut se présenter en premier rendez-vous dans le rôle de la victime.

Le coach doit faire comprendre à son client qu'il n'apportera ni réponses, ni solutions. Il ne vous dira pas quoi faire pour résoudre un problème. Le travail vient du client lui-même, et un coach qui vous assénerait une forme de science gourouïsante tendance "je sais, voici mon opinion, voici ce qu'il faut faire, y a qu'à faut qu'on" mérite à nouveau que vous preniez vos jambes à votre cou. De la même manière, un praticien qui s'engagerait sur un résultat garanti, automatique, concret et rapide est un escroc. Pour la simple et bonne raison que la décision de changer appartient au coaché, et à lui seul. Ceci étant, on touche ici du doigt un débat assez large qui agite la profession : la notion d'interventionnisme. Un coach n'est pas censé donner de conseil, ou guider. Ceci étant, il peut questionner avec une intention. Il peut livrer une impression. Tout dépend finalement du cadre que vous définirez avec lui, et qui vous conviendra à tous les deux.

  • C'est cool, mon coach me fait penser à un psy. Let's go for a therapy!

En fait non, ce n'est pas cool. Pas du tout même. Parce que le coaching n'est pas une thérapie. Alors oui, il y a bien des aspects indéniables de psychologie, mais à aucun moment le coaching ne va aller explorer le passé pour y trouver une cause, traiter un trauma ou guérir une blessure. Le coaching se contente d'intervenir à l'instant T dans une situation apportée par le client. Peut-être utilisera-t-on des outils qui regardent vers le passé, pour identifier par exemple un mécanisme de réussite ou d'échec, mais en aucun cas il n'y a d'intervention pour changer ce qui a été. On essaye de faire évoluer ce qui est, et c’est déjà un bon point de départ ! Par conséquent, un client qui arrive avec une demande à portée thérapeutique devrait être gentiment remis sur les rails par le coach. Et un coach s'improvisant psy, s'il n'a pas le cursus ou les diplômes, n'est pas dans le rôle qui devrait être le sien. Là encore, allez voir ailleurs !

Comme il a été dit dans l'article précédent, rien ne remplacera le feeling que vous aurez vis-à-vis d'un coach, mais vous voilà armés de quelques outils supplémentaires pour jauger de son professionnalisme. Etre ferme sur le cadre, ne pas déroger à sa déontologie, être capable de vous dire non, voire de refuser de vous coacher, l'accompagnement démarre déjà par là.

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