• Arnaud D'Hoine

Entreprenez... mais pas seuls!


Loin des discours dénonçant une hyper précarisation et une disparition de l’emploi en CDI, il semblerait bien que finalement, nous aimions bien l’entrepreneuriat. C’est en tout cas ce qu’on peut comprendre de l’examen de l’Indice Entrepreneurial Français 2016 ¹ ou des publications croisées çà et là sur le net : 65% des Français considéreraient l’entrepreneuriat comme un bon choix de carrière ² et près d’1 Français sur 3 envisagerait de créer son entreprise ³. Tout cela est fort réjouissant, vraiment, mais à la lueur d’autres chiffres – et promis je vais essayer de ne pas en mettre trop – on constate un petit bémol. Avec « seulement » 500 000 créations d’entreprises par an, il existe encore un écart certain entre l’intention et le passage à l’acte. Certes, ce nombre augmente régulièrement depuis 2008, merci l’apparition du statut d’auto / micro entrepreneur. Mais à en croire l’IEF cité précédemment, 21% des Français interrogés souhaitent effectivement créer ou reprendre une boîte, ce qui représenterait 10 millions de personnes. 500 000 vs 10 millions. On en parle?

Bien entendu, il y a des raisons de ne pas y aller : complexité administrative, investissement financier trop lourd, risque de se planter, pression de l’entourage, pas la bonne idée, pas le bon moment, etc. De bonnes raisons, en somme. C’est justement pour répondre à ces interrogations, lever les doutes et favoriser la création d’entreprise que les mécanismes d’incitation et d’accompagnement se sont multipliés ces derniers temps. CCI, Chambre des Métiers et de l’Artisanat, Pole Emploi, tous proposent des parcours dédiés aux entrepreneurs. Et que dire des pépinières ou des incubateurs, qui font un travail remarquable ? Et tiens, parlons du mentorat. Janvier 2013, le gouvernement signe une charte avec l’Institut du Mentorat Entrepreneurial pour développer ce type d’action auprès des entrepreneurs, arguant du fait que seulement 1 créateur sur 5 décide de se faire aider, alors que l’on constate une pérennité supérieure de 14% pour les jeunes pousses qui auraient choisi de se faire accompagner. Mais il faut remarquer une chose lorsqu'on parle de ces dispositifs. Ils sont essentiellement centrés sur la boite à outils techniques et/ou méthodologiques de l’entrepreneur, tendance « one size fits all ». C'est indéniablement utile, mais est-ce suffisant?

Et le coaching dans tout ça me direz vous? Et bien le coaching entrepreneurial permet d’intervenir sur un champ fondamental qu’aucun organisme ou presque ne prend en charge aujourd’hui : l’entrepreneur lui-même. Le travail du coach n'est pas d'apporter sa contribution au débat « naît on entrepreneur ou peut-on le devenir ? », ce qui serait une forme de jugement. Il s'agit de proposer un accompagnement qui permette de négocier au mieux 3 passages de la vie d'entrepreneur:

  1. La construction ou la consolidation identitaire de l’entrepreneur (l'enfance)

  2. Le quotidien propre à la création d'une activité (l'adolescence)

  3. La transition vers "l'après" lancement (l'âge adulte)

La notion d'identité entrepreneuriale englobe plusieurs étapes dans la chronologie de l'entrepreneur. Pour simplifier à l'extrême, d'un côté accompagner une personne qui se pose la question de devenir entrepreneur ou pas, de l'autre l'amener à conceptualiser celui qu'il a envie d'être et arpenter à ses côtés le chemin pour le devenir. On est dans l'essence même du coaching: passer d'un état d'inconfort (hésiter à se lancer ou non, ne plus savoir où on en est, etc.) à un état de clarification propice à la prise de décision et l'action. Ce sera l'occasion de prendre le temps de s'interroger sur différents aspects: quel est le but, le sens de ces démarches entrepreneuriales? Les ressources, les freins, les enjeux, les buts? Comment traduire cela en objectifs, et en plans d'action? Et surtout, cela est-il écologiquement et ontologiquement ok pour le coaché? Est-il conscient et prêt à embrasser les changements qui ne manqueront pas de s'opérer?

Se faire accompagner par un coach, c’est également se donner un moyen supplémentaire de faire face à la montagne de bobos, cahots, soubresauts, bas et hauts de la vie de créateur d’entreprise lorsque le projet est en cours. Il s'agit désormais de remplir le costume d'entrepreneur que vous avez décidé de porter, sans concessions.

Solitude, peur de se faire piquer son idée, besoin d'aller vite face à l'envie de prendre son temps, stress, peur de l'échec, trou d'air dans la motivation, problèmes financiers, envie de tout balancer par la fenêtre: soyons clairs, il y a peu de chances d'y échapper. La bonne nouvelle, c'est que vous connaîtrez aussi des joies, des satisfactions, des succès, des gros coups de boost, des sentiments de plénitude ou d'exaltation... Oui, vous êtes en train de ramer dans un torrent de classe V et décider de faire appel à un coach vous permettra peut-être, si vous le souhaitez, de repasser en classe IV ou inférieur. Ce ne sera peut-être pas moins rock, mais ce sera davantage prévisible et vous y serez préparé. C'est l'occasion de sortir du tumulte rien qu'un instant, d'adopter une position méta pour envisager les problématiques sous un nouvel angle.

Le coaching entrepreneurial peut également s'intégrer dans une étape ultérieure: la poussée de croissance et le passage à l'âge adulte de l'entreprise. On se situe ici à la limite avec une autre spécialisation que seraitle coaching de dirigeant, mais ce n'est pas encore tout à fait le cas. Il s'agit d'accompagner l'entrepreneur dans sa transition vers un rôle différent, celui de chef d'entreprise, et de l'aider (si tant est qu'un coach "aide") à négocier les dernières étapes et envisager sereinement les nouvelles problématiques qui vont s'offrir à lui.

Le coaching entrepreneurial est encore jeune mais a déjà su apporter la preuve de sa pertinence (Couteret & Audet, 2005) et de son efficacité auprès d’un public d’entrepreneurs varié. Que vous soyez en phase d’idéation ou avec un projet déjà viable, seul ou faisant partie d’une structure d’accompagnement, c’est une démarche complémentaire à celles que vous pourrez entreprendre par ailleurs, mais cette fois totalement sur-mesure et personnalisée.

Et puis, n'oubliez pas qu'il y ait de fortes chances que votre coach soit lui aussi un entrepreneur. Et c'est peut être une des rares occasions en coaching où l'on s'autoriserait un peu de transfert :-)

Alors, qu'attendez-vous?

1 : www.afecreation.fr

2 : www.economie.gouv.fr

3 : Sondage Opinion Way pour le 23ème Salon des Entrepreneurs

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