Août of office (non, rien ne va exploser en votre absence...)

August 6, 2018

 

 

Il y a quelques années, alors qu'un collaborateur venait quérir des infos sur le décompte de ses congés, j'entendis une expression bizarre: "Tracances". Derrière ce néologisme se cachait l'incapacité de mon interlocuteur à décrocher à 100% du boulot pendant ses périodes off. 

 

Bien sûr, il existe des métiers qui ne permettent pas de couper. Des passions, des vocations, un investissement, des accords passés avec soi-même qui autorisent la superposition des sphères personnelles et professionnelles même les doigts de pieds en éventail à 6000 kilomètres du bureau.  De la même manière, il existe des personnes dont la capacité de déconnexion est remarquable, se rendant imperméable à tout parasitage professionnel dès vendredi 18h venu, voire plus tôt (*)

 

S'agit-il d'un superpouvoir ? Pas forcément. Consciemment ou non, ils ont mis en place quelques règles avant de partir qui permettent de switcher plus rapidement… Car en substance, un départ, ça se prépare, et ce n'est clairement pas en acceptant un énième dossier brûlant qu'il ne sera humainement pas possible de boucler avant le jour J que vous partirez la conscience tranquille et les idées claires. Même si votre N+1 essaye de vous convaincre du contraire. C'est à vous, et à vous seul de décider en toute conscience si vous acceptez d'emporter des devoirs de vacances.

 

 

Souvenez vous, il a déjà été mentionné dans un précédent article, il est de retour: l'effet Zeigarnik ! Chaque tâche commencée et inachevée vient squatter un bout de votre espace mental, couche après couche, jusqu'à saturation et déficience progressive de votre mémoire procédurale. Dit autrement, tout ce que vous n'aurez pas fini avant de partir en vacances reste tapi dans l'ombre de votre cortex et limite d'autant votre capacité à vous focaliser sur l'instant présent et à en profiter... Du coup, que peut on faire?

 

Comme dit quelques lignes au dessus, on ne se lance pas dans un projet chronophage. On boucle petit à petit, l'un après l'autre, les sujet qui peuvent l'être et qui méritent de l'être. La nuance est importante, car les petits ruisseaux faisant les grandes rivières on peut vite se retrouver submergé par un tas d'imprévus qui certes pris indépendamment ne représentent pas grand chose mais qui ensemble ont tôt fait de remplir une journée... 
On organise, on planifie, on hiérarchise - pourquoi pas avec le principe de la matrice d'Eisenhower - histoire d'avoir de la visibilité sur ce qui est  1) urgent et important (à FAIRE), 2) urgent et pas important (à DÉLÉGUER), 3) important mais pas urgent (à PLANIFIER) et 4) ni urgent ni important (à JETER). 
En ce qui concerne votre absence, quoi de mieux qu'une petite réunion pour avoir de l’info sur qui en est où sur quoi, identifier les éventuels points de vigilance et partager les tâches en l’absence des uns et des autres? Planifier, organiser, déléguer, ce triptyque est de nouveau un bon outil pour une préparation de vacances sans soucis.
Dernier petit conseil pré-départ: profitez du dernier jour pour un petit coup de balai sur votre bureau ! 

 

 

Reste la décision la plus importante, et souvent la plus compliquée selon la culture en vigueur dans votre entreprise, votre penchant naturel, votre sens des responsabilités, vos drivers ou tout un tas d'autres raisons exo ou endogènes plus ou moins légitimes: quel sera votre degré d'accessibilité? 
Fixez-vous des règles dont vous ne dérogerez pas. Et informez-en vos collaborateurs/collègues/clients/etc.Si vous vous engagez par exemple à ne pas consulter vos mails professionnels, ce n’est pas pour y jeter un œil en douce le soir. Le plus simple serait sûrement de couper court en demandant en amont à ce qu’aucun mail ne vous soit envoyé durant vos congés, mais avouons-le, c’est souvent un vœu pieu.

 

 

En fait, à vous de décider (en concertation avec ceux qui vous accompagnent en vacances) où se situe le curseur. Vous pouvez négocier:

  • une reprise de contact avec votre messagerie à une date donnée,

  • de rester connecté pour ne suivre qu’un seul et unique dossier

  • de vous accorder un temps donné quotidien / hebdo et demander à ce qu'on vous aide à ne pas y déroger

  • une déconnexion de tout ce qui n'est pas indispensable à l'exercice de votre métier mais qui vous maintient en lien avec votre boulot ou votre entreprise: Facebook, Linkedin...

  • etc...

Mais faites le savoir, et n’acceptez pas d’écart vis-à-vis de l’option retenue. Optez pour ce qui vous permettra d’avoir l’esprit le plus libre possible. Si vous craignez le tsunami de mails ou de messages vocaux à votre retour, négociez avec vous-même un nombre donné de séquences CAP durant votre absence. Et si un sujet vous tracasse, pourquoi ne pas envisager un coup de fil à votre collègue si cela a pour effet de faciliter le lâcher prise ? Gardez toutefois à l’esprit que prendre en compte un message va mobiliser votre cerveau, votre énergie et peut vous inciter à instaurer un suivi… Aie, le dérapage n’est pas loin.

 

 

Au final, comment décidez vous d’être en vacances ?
Une semaine, 15 jours ou plus, au final cela importe peu, vous pourrez en tirer de vrais bénéfices grâce à un état d’esprit propice. Il s’agit de marquer une séparation franche, mais douce. Votre cerveau logique est resté au bureau. Vos vêtements pro partent au placard. Profitez-en pour changer de montre, voire l’ôter, et revenez progressivement à votre rythme biologique. Changez d’environnement. Changez votre rapport au temps. Projetez-vous dans l’instant présent, savourez ce que vous n’avez pas eu l’opportunité de faire le reste de l’année, écoutez vos envies.

 

Et si ça ne se passe pas comme prévu, quelle importance ? Vous n’avez pas d’autres contraintes ou urgences que celles que vous avez choisies.

Détendez-vous, et surtout…
 

BONNES VACANCES (et rdv à partir du 27/09 pour la reprise)

(*) Entre les deux semble exister d'une part le commun des mortels et surtout quelques individus mythologiques mentionnés dans les légendes des textes anciens, qui s'ennuieraient au bout de 2, 3 jours d'oisiveté méritée, livrés à eux-mêmes, sans ordres de mission, programme ou deadline. Toutes nos pensées aux familles :)

 

 

 

 

 

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